jeudi 12 septembre 2013

Villa Olga au quotidien

Depuis que Loeiza a commencé l'école, elle est quand même bien fatiguée. C'est déjà pas facile pour moi de comprendre les gens ici, alors pour elle: "je ne comprends rien dans ma tête", comme elle dit. Entre l'espagnol et l'anglais le matin à l'école et le français l'après midi à la maison, ça chauffe le cerveau. Ça va être un peu difficile les premières semaines mais elle va apprendre la langue plus rapidement que moi.
 


Le matin, à 6h30 Loeiza ne veut pas se lever, elle sait que 20 minutes de marche l'attendent puis 10 minutes de concho et encore 10 minutes de marche pour rejoindre l'école. On a hâte d'être dans notre maison.

"Eh Papa, tu sais, moi j'suis une grande maintenant j'ai plus besoin de faire la siete!"
 Et 5 minutes plus tard:

Le parc de Villa Olga:
En plein milieu d'une grande ville, il faut bien trouver un endroit pour faire galoper Loeiza et pour être franc, je commence à en avoir un peu marre d'aller tous les jours dans ce parc. Mais à chaque fois on a le droit à un accueil super chaleureux des anciens qui passent leur après midi à jouer au dominos. Ici, les dominos se jouent par équipe. Les fins de parties sont en général bien animées!




Les marchands de glaces passent régulièrement avec leur vélo glacière et leurs clochettes. Je suis un peu septique quant à la qualité des glaces par rapport à la chaine du froid mais bon.. Elle en a droit à une à l'eau de temps en temps!



On peut encore voir l'influence des États Unis,  Les sports pratiqués ici sont le Base ball et le Basket ball principalement, après les dominos bien-sûr.







Tous les jours, des personnes passent dans les quartiers pour récupérer la ferraille, pour vendre leurs fruits et légumes... "AGUACATEEEEEE!", les plus pauvres fouillent les poubelles pour prendre les bouteilles en plastiques et les revendre pour le recyclage. Et oui, ici les poubelles jaunes, ça n'existe pas!



Une belle corbeille de fruits pour 2,50 €

lundi 9 septembre 2013

Fundación Sonrisa de Niño - FU.SO.NI


Jean Maurice, le père d'une jeune élève de Chloé, sait que je cherche du boulot et me propose de venir travailler dans sa fondation pour m’occuper des enfants pendant le weekend. J’accepte volontiers mais je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque encore.
Il a monté cette fondation en 2006 avec des enfants qui étaient livrés à eux-mêmes. Ils vivaient dans la rue, sans aucune éducation, n’avaient jamais mis leurs pieds nus dans une école. Il a fait un super travail avec une pédopsychiatre et son équipe. Aujourd’hui les enfants s’entraident et connaissent bien les règles de la maison.
Jean Maurice est venu nous chercher samedi matin. J’y suis allé avec Loeiza car Chloé travaille jusqu’à 11h. On a donc fait la rencontre de ces 13 gamins âgés de 7 à 14 ans. Loeiza est aux anges, il y a des poules, des coqs, des pintades, des canards, un chat et une Jeep. Les enfants s’occupent de Loeiza et de Chloé, la fille de Jean Maurice, et ça me laisse du temps pour m’imaginer mes 2 jours à passer ici. 


Angel fabrique de tout avec n'importe quoi.




A la chasse aux avocats!






Tous les adultes partent après de repas du midi et je me retrouve seul avec eux. Loeiza a rejoint Klo. 
Bon, qu’est-ce qu’on fait ? Je les appelle tous pour venir faire un jeu dehors. La tomate, ou quelque chose comme ça, ils ne le connaissaient pas mais ça leur a plu. On joue pendant plus d’une heure et ensuite, c’est parti pour un foot. Ils sont plein d’énergie, infatigables. Moi Je suis mort, trempé, complètement rincé et c’est le cagnard, 35 degrés. 


Mais le temps change vite ici aussi:



Garder 13 enfants, d’accord, mais quand tu ne parles pas leur langue, c’est un peu plus difficile. Il y a un ordinateur où ils travaillent leur français, ça me permet d’apprendre l’espagnol pour leur expliquer les exercices. (Mais comment fait Chloé ?)

La douche pour tout le monde pendant que les grands s’occupent de faire le repas. Chose que je suis censé faire ! On verra le weekend prochain. Ils me préparent une assiette énorme, remplie de yuka et de 2 omelettes frites dans l’huile. Ils vont tous dans leur chambre et reviennent avec des avocats.  Je verrai le lendemain que tous les matins, ils vont dans le jardin et récupèrent les avocats tombés pendant la nuit. Ils se font leur réserve, cachée sous leur oreiller. Ils se servent en grosse quantité et dévorent le repas comme s’ils avaient peur de ne pas avoir assez à manger, comme s’ils pensaient que le lendemain ils n’allaient rien avoir dans leur assiette. Malgré les années passées ici, ils ont encore de vieilles habitudes.

 


21h30, ils sont tous au lit. Je suis fatigué mais il faut que je veille. J’imagine qu’ils vont me tester, sortir en douce… Je prends mon bouquin mais au bout d’un moment je sens mes yeux se fermer tout seuls. Il est 22h20, je n’entends plus rien, je mets mon réveil à 6h30 car demain matin ils vont à la messe et je m’endors. J'ai passé une nuit un peu agitée car je croyais que les coqs ne chantaient qu’au lever du soleil, mais ici c’est à partir de 3h. Je n’ai pas eu besoin de mon réveil car j'ai entendu les premiers se lever et sortir de leur chambre à 6h. 
Comment faire du chocolat pour 13 gamins ? Portez plusieurs litres d’eau à ébullition avec de la cannelle dans une grande marmite, ajouter un demi paquet de chocolat en poudre et deux louches de sucre. Le tour est joué. Merci Juan !

La journée se passe sans soucis et c'est l'heure de la sieste. Ils sont tous excités et je vois que ça va être assez compliqué de les calmer. Je veux juste qu'ils restent tranquille au moins 30 minutes alors je me pose sur un lit et je leur dit qu'a chaque mot que j'entends, ils devront rester 10 minutes de plus. Alors ça rigole, ça fait des grimaces... et au bout de 15 minutes, les 9 petits se sont endormis. HAHAhaha!!



Ces enfants sont supers attachant, je les revois samedi prochain mais je ne veux pas continuer à travailler tous les Weekends alors que Chloé n’a que son dimanche de libre.


SONRISA DE NINO: 2ème weekend.


Jean Maurice a pris des CD de musiques Celtiques, du Bagad de Lann Bihoué et de Pipe Band Écossais. On n'a pas entendu de Merengue ou de Bachata du weekend.



  


Chloé donne des devoirs à ses élèves mais qui c'est qui passe 1 heures avec eux pour leurs expliquer comment dire l'heure en français? Bon, elle avait déjà passée 2 séances pour leurs apprendre mais tout n'avait pas été retenue.

neuf heures quarante, c'est pareil que dix heures moins vingt... les exos sont fait chacun retourne à ses occupations. Démonter la tondeuse et affuter les lames par exemple.



Au menu ce soir, notre chef Juan, notre homme qui sait tous faire nous prépare une purée de bananes Plantin accompagné de son œuf frit. Ils iront évidemment chercher leurs avocats sous leur oreillé avant de passer à table!
Les "platano" sont vertes et sentent le légume, la peau est collante.





















lundi 2 septembre 2013

La rentrée à l'école SOLES

Prête pour l'école!!

Le tailleur a fini les pantalons, ceux de la semaine et celui du vendredi pour le sport. Elle a ses nouvelles paires de chaussures, ses chaussettes blanches, son polo de l'école et sa gamelle pour le goûter du matin, "la merienda".
Elle a hâte d'y aller.



A l'américaine, l'école est équipée de plusieurs caméras et on peut accéder au site et regarder les élèves depuis son ordi à la maison. Ça peut être marrant pour nos parents de voir leur petite fille en train de travailler dans sa salle de classe.
Il n'y a pas de bâtiments construit spécialement pour les écoles. Elles se trouvent toutes dans de grandes maisons aménagées pour accueillir les enfants.




Le réveil a été dur ce matin! 6h30, tout le monde débout. Loeiza s'est endormie tard, mélange d’excitation, d'appréhension et de peur aussi.
Mais elle a rencontré ses 2 maitresses, son prof d'anglais et ses camarades qui lui ont tous souhaité "Buenos dias" en coeur! Il devait y avoir censément 15 élèves maximum... ils sont 26! Bon, on doit s'habituer à ce genre de choses je crois! Le prof d'anglais est haïtien donc si elle a des soucis de compréhension, au début, il sera là pour lui traduire en français. Elle a commencé son puzzle et on est partis. Même pas une larme!


dimanche 1 septembre 2013

On va bientôt arriver?


Pendant tous nos voyages, à chaque arrivée dans une ville, nous avions pour habitude de commencer par visiter le centre. Cela fait déjà 3 semaines que nous sommes arrivés et nous sommes toujours chez Déborah. Les jours défilent et on n'a pas l'impression d'être efficaces. On arpente les quartiers, on téléphone aux agences, on enchaine les visites d'appartements et quand on tombe sur LE bon, il y a toujours un problème. Soit le contrat de location est louche, soit le propriétaire veut une commission pour chépakoi à chépaki, soit il faut faire appel à un avocat pour relire le contrat... J'ai fait le tour de tous les quartiers à la recherche d'appartements qui correspondaient à nos critères de sélection : la proximité du boulot de Klo, de l'école de Loeiza, des conchos de la route A et bien sur le prix, la taille, l'exposition, la propreté, la qualité des menuiseries, le bruit (surtout ici), s'il y a des coupures d'électricité (chose commune) est ce qu'on a quand même de l'eau, et en.core bien d'autres. Et on en  a trouvé, visité, mais le critère le plus important que nous avons oublié de prendre en compte, c'est la SECURITE. Bah oui, on vient de Plougastel nous !

Voici un montage pour vous donner une idée de l'étendu de notre chasse à l'appartement.
Je ne vais pas tous les mettre!
 On a visité un superbe appartement au 4éme étage (5éme pour eux, notre RDC étant leur 1er), NIKEL, jamais je n'aurais pensé habiter un jour dans un appart comme celui-là. Plus de 200 m2, balcon, 3 chambres avec dressing, 2 salles de bain, immense salon. La propriétaire accepte de baisser le prix de 15000RD$ à 14000 puis 13000, puis 12500RD$ (250€), on peut faire les bourgeois, on entame les démarches, bref tout est parfait. Déborah nous demande s'il y a des barreaux aux fenêtres. "Des quoi, on est au 4ème!" Un appartement sans barreaux aux fenêtres, c'est rédhibitoire! Il y en avait un autre, très bien aussi, qui se trouvait à 500 mètres de la route A et il ne faut apparemment pas que Chloé marche seule la nuit, même 500 mètres en rentrant du taf. 
Les maisons sont barricadées, portail de sécurité automatique, porte avec digicode, porte en ferraille devant la porte d'entrée, balcon et fenêtres fermées par des barreaux en fer. L'accès au toit est cadenassé, le linge sèche dans des cages. Il y a un climat où règne la peur. Je crois qu'il faut faire confiance à ces personnes mais j'ai vraiment une impression d'exagération. Moi qui voulais habiter une petite maison en bois sans fenêtres !

Après maintes discutions animées, nous avons finalement décidé de nous installer dans un appartement qui correspond aux critères de sécurité de l’avocate. Il coute bien plus cher que le loyer maximum que nous nous étions fixés mais nous préférons nous offrir la sécurité pendant quelques mois en attendant de nous faire notre idée de la vie en Rep Dom et des « risques » que nous accepterions de prendre.

Chloé a commencé son travail à l'institut Oui Oui depuis lundi. On n’a toujours pas de chez nous et on n’a pas encore vraiment l'impression d'être arrivés. On saura lundi si on peut commencer les démarches d’installation dans cet appartement (Electricité, eau, internet…).